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Philippe Mayaux
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Invité par le Centre Pompidou, partenaire de l’Adiaf pour l’organisation du Prix Marcel Duchamp, Philippe Mayaux propose, du 10 mai au 13 août 2007, À mort l’Infini, une occupation originale de l’Espace 315 en deux mouvements simultanés, nous faisant passer de la guerre à l’amour, de la raison aux chimères ou de la science à la fiction. Un parcours construit sur la notion très picturale du contraste simultané que produit la réunion des contraires. Pour parler de cet artiste, Didier Ottinger – auteur avec Jean-Yves Jouannais et Jean-Pierre Bordaz d’un des textes du catalogue édité pour l’occasion – s’en remet au fameux chat de Schröninger, cobaye d’une expérience quantique pouvant raisonner sur un animal mort et vivant en même temps. C’est donc sous l’influence relative de la dualité et dans un climat de paradoxe que Philippe Mayaux recevra le visiteur.
Pour l’accueillir, un tapis rouge déroulé d’un bout à l’autre de la salle sert de fil conducteur.
À la première extrémité de cette ligne s’agite un monochrome allégorique (Quickly White), linge blanc sur blanc suspendu à une mécanique ondulatoire qui, dans un éternel recommencement, semble s’évertuer à ranimer une paix anémiée.
Lui faisant front, narquoises comme des soldats à la parade, six vitrines de verre (Angry White), bondées de moulages en plâtre tirés d’après d’innocents blisters (emballages en plastique) exécutent une haie d’horreurs de chaque coté du tapis.
Quatre d’entre-elles y font l’étalage d’un arsenal exubérant. Dans un désordre de champ de bataille s’y entassent moult forteresses et tranchées, canons et missiles, antennes et radars, avions et chars, délicates constructions d’un désastre monochromatique presque burlesque. L’oxymore est encore là : l’arme fragile. Les deux autres sont couvertes par la géométrie quasi décorative d’un champ de croix miniature, sinistre cimetière à la blancheur létale dont les modules de sépultures sortent tout droit d’un moule à glaçons en silicone.
Ce qui intrigue le plus Philippe Mayaux dans la technique du moulage ce sont à la fois les métamorphoses de la matièrepassantde l’état de poussière à celui de liquide puis de l’état de liquide à celui de solide - que le fait que le vide devient le pleinen divulguant sa forme comme l’a si bien démontré Marcel Duchamp avec son « Objet dard ».
Sur la droite en entrant, collée à même la cimaise, l’affiche d’un couple de chimères, insensibles au drame des vitrines palabrant autour d’un fagot de bois toujours froid. Préoccupé, un centaure singe / âne demande à un centaure âne / singe :«T’as du feu? ».
Sont-ils les ancêtres d’une humanité qui connaît la réponse?
Sur la cimaise de droite, telle une lisière, sont alignés 13 tableaux d’écorces d’arbres, 13 essences aux noms évocateurs– Aube, Epine, Tremble, Charme, Putier, Pleureur, If, Houx, Bouleau, Sapin, Marronnier, Arbre de Judas.
En trompe l’oeil, sur chacune des peintures apparaît comme gravé à la pointe d’une lame le nom du végétal. Un mot qui aurait toutefois subi une altération phonétique. Le Houx devient Ou, le Bouleau Boulot. Le IF évoque un Si (supposé que), le Pleureur des Larmes. En usant de la métaphore, la nature parvient alors à deviser avec les hommes sur la vanité et la peur du temps qui passe trop vite pour eux. Par cette feinte, espère-t-elle secrètement pouvoir être épargnée dans sa diversité ? En plein centre de l’exposition siège un pénétrable de miroir - Un espace dans l’espace. Pour y entrer, le visiteur quitte cette partie austère et belligérante du début pour s’enfoncer dans un endroit plus lascif,plus sensuel. Ce bijou le soutient dans sa métamorphose. Il lui sert de sas médiateur ou de téléporteur comme dit l’artiste. Il s’agit d’un parallélépipède recouvert d’un miroir sur lequel de temps en temps apparaissent à travers le tain des lettres de lumière formant «JTM» et «TUM». Les reflets nous parlent désormais ?




VIDEO

Philippe Mayaux

Centre Pompidou

Place Georges Pompidou

75004 Paris

01 44 78 12 33

Report Sabine Morandini



INFOS

Philippe Mayaux

" A mort l'infini "

Prix Marcel Duchamp 2006

Centre Pompidou - Paris

du 10 mai au 15 août 2007.