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Larry Clark

Marfa Girl

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Lost Country - L’Amérique des marges

Né à la fin des années 40 à TULSA (OKLAHOMA), LARRY CLARK s’initie à la photographie au début des années 60 en faisant des "snapshots" de ses amis proches, images des débuts de la liberté sexuelle et sensuelle des adolescents de son âge.
Il est très impressionné par le mouvement photographique du reportage initié par W.E SMITH, LEE FRIEDLANDER, ou DIANE ARBUS des années 40 à 70, par le « NEW-YORK » de WILLIAM KLEIN (1956) et surtout « THE AMERICANS » de ROBERT FRANCK (1958) préfacé par KEROUAL, également auteur de la pochette des ROLLING STONES : « EXILE on main street » 1971.

KEROUAL, BURROUGHS, GINSBERG et les gens de la BEAT GENERATION, l’influencent par leurs écrits, mais surtout leur mode de vie "ON THE ROAD", l’érrance, la liberté, le non conformisme, les sexualités multiples et leur représentation et l’usage des drogues nouvelles : LSD, Marijuana, Mescaline, Cocaïne. L’envers de l’American DREAM distillé à longueur de films dans l’industrie Hollywoodienne dans le monde entier.

Le "nouveau cinéma américain" nait avec l’underground de JONAS MEKAS, WARHOL, ANGER ou JOHN WATERS et les anti-héros consacrés au cinéma avec JOHN CASSAVETES, MIKE NICHOLS.
Cinéma indépendant, cinéma d’auteur et road movie qui fera école jusqu’à aujourd’hui.

Les photos sur la « teenage dépression » ont bien-sûr précédées et influencées LARRY CLARK dans son travail : La « FUREUR DE VIVRE »(1955) de Nicholas RAY, avec James DEAN, « L’équipée Sauvage » (1953) de BENEDEK avec BRANDO ou « La fièvre dans le sang » (1961) d’ELIA KAZAN avec WARREN BEATTY qui deviendront les futurs stars sex symboles d’Hollywood.

La jeunesse des années 40 à 70 était représentée par des comédies teenagers guimauve, carton-pâte et sucrées style : SURF, HAWAÏ, ELVIS jusqu’à « l’AMERICAN GRAFFITI » de GEORGES LUCAS en 1973 (FLIRT, FILLES, BAGNOLES, DRIVE-IN, rivalités de bandes) West-side stories hollywoodiennes.

Fait particulier, TULSA, ville perdue, est le lieu de l’action des films sur la jeunesse réalisés par FRANCIS FORD COPPOLA : « OUTSIDERS » 1983, « RUSTY JAMES »1984, avec MATT DILLON; premiers films ou une psychologie et un onirisme plus élaborés apparaissent pour brosser le portrait de cette jeunesse pas très dorée et plutôt désargentée.
LARRY CLARK publiera son premier livre devenu culte TULSA en 1971, ainsi ses influences photographiques se feront sentir : armes à feu, nudité, seringue et non-look absolu, avant le Grunge : le pont entre la Beat Génération des années 50-60 et le Punk fin 70.

En 1983, « TEENAGE LUST » chez LUSTRUM Press rassemble ses images de la 42ème rue à NEW-YORK (époque Giuliani, le maire) où le quartier chaud livré à la drogue, la prostitution, les sex-shops, petits cabarets…le " WILD SIDE " et l‘errance des clochards céleste de l’Amérique.

Son travail influencera nombre de photographes comme NAN GOLDIN « Ballad of Sexual dependency » ou plus surprenant des stars de la photo comme BRUCE WEBER, TERRY RICHARDSON avec ce laisser / aller très contrôlé et récupéré par la mode et la pub comme il le dit lui-même.

On qualifie LARRY CLARK de pervers polymorphe, voyeur, mystificateur, manipulateur d’un côté, de l’autre ses admirateurs le considère comme l’initiateur de cette nouvelle vision de la jeunesse, un hyperréalisme de l’enfer du décor, la vérité cachée est tabou de l’Amérique des années 70 issue de la guerre du VIETNAM, la Beat Génération et la révolte hyppie. L’industrie de l’image comme propagande de la civilisation nord-américaine et l’ultra capitalisme sont mis à mal. Les homeless, les sans-abris, sans espoir, sans illusions livrés à eux-mêmes, la dure loi de la jungle de béton concrete jungle des mégalopoles ou l’ennemi mortel des vastes plaines américaines parcourues en stop sans arrêt.

LARRY CLARK, l’infiltré –l’insider : en 1995 il réalise KIDS – premier film sur l’errance de la "lost génération" suivi de BULLY (2001) et KEN PARK (2002). Cette trilogie marque par son style un courant de cinéaste : le grand MARTIN SCORSESE ou GUS VAN SANT (MALA NOCHE, GERRY, ELEPHANT) lequel deviendra son producteur.

Il traite du mode de vie de ces adolescents à la dérive, leur language, leurs codes, leur musique, leurs "mœurs dissolues" (drogue, pornographie) dans un environnement tribal de façon frontale et crue, avec un hyperréalisme qui tient du fétichisme récurrant : la jeunesse à la tête de l’Amérique puritaine et du show-business hollywoodien entre les «RAGAZZI» de PASOLINI, les « VITTELONI » de FELLINI, la nouvelle vague française et le cinéma documentariste de ces années là.
Ces films sont sombres et désespérés sur cette jeunesse larguée, livrée à elle-même.
Nombre de ses films sont interdits de distribution, cantonnés aux festivals et aux petits théâtres de l’underground.

En 2003 ERIC DAHAN lui consacre un documentaire de 56 minutes, entouré de ses collaborateurs, ou il parle de son immersion dans les milieux marginaux où l’alcool et la drogue qu’il consomme lui-même donne un portrait en négatif de l’Amérique moralisatrice qui se masque le "trash", le sordide et le trop de réalisme de sa jeunesse.

En 2006 « WASSUP ROCKERS » ou à la cinquantaine CLARK affronte le skate et s’immerge dans le milieu des skaters latinos de L.A. guerre de gangs et de guettos des quartiers pauvres (South Central) et la police des quartiers riches (BEVERLY HILLS).
Il revient à un style documentaire avec beaucoup de passion pour ses "vrais acteurs". L’adolescence est l’âge ou tout est possible ; les ambiguités sexuelles, l’alcool, les drogues, les armes à feu, les frontières éclatent entre l’animalité et la civilité avant de rentrer dans le rang d’une société de l’argent-roi qui intègre ou exclut, on le constate aujourd’hui.

En 2011 le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris lui consacre une rétrospective très sulfureuse « KISS THE PAST HELLO » qui sera interdite aux moins de 18 ans alors qu’il désire faire des photos et des films à montrer aux mineurs.

En 2012 « MARFA GIRL » produit par un de ces admirateurs le cinéste ADAM SHERMAN.
Situations compliquées, relations familiales décallées dans le microcosme de MARFA (Texas) près du Mexique ou le désir et la sexualité sont les moteurs de l’action.
Le film recevra le prix MARC AURELE de meilleur film au FESTIVAL de ROME et la presse française le considérera comme un des vingt meilleurs films de l’année.
LARRY CLARK déclare qu’il ne veut pas être controversé qu’il essaye d’être honnête et de décrire la vérité, qu’il est issu du monde de l’art ou il n’y a pas de choses qui doivent être cachées, qu’il fait des films non pas pour gagner de l’argent comme à Hollywood et qu’il ne serait pas cinéaste s’il voyait ce qu’il a filmé dans d’autres films.
Il met son dernier film en ligne sur le web pour 5 dollars 99 afin que tout le monde puisse le voir en utilisant les outils d’aujourd’hui.
« The futur is now » LARRY CLARK culte, maudit, détesté, marginalisé ou célébré.
Pervers voyeur diabolique ou simplement, et avec difficulté, portraitiste aigus des réalités adolescentes de ces 40 dernières années dans une Amérique qui n’ose pas dire le mal être de sa jeunesse et briser le tabou !

Avec LARRY CLARK « Le diable se déshabille en PRAVDA » ! (La vérité)



PHOTOS

Larry Clark avec Adam Mediano et Mercedes Maxwell
© MARFA, LLC 2012

Festival de Rome Prix Marc Aurèle de meilleur film : Marfa Girl de Larry Clark

Marfa Girl
Produit par Adam Sherman
Ecrit et réalisé par Larry Clark

Line Producer Win Craft
Director of Photography David Newbert
Edited by Affonso Gonçalves
Original Music by Bobby Johnston
Party With Death Songs composed by Jessie Tejada



VIDEO

Larry Clark interview
Report & interview Sabine Morandini




larryclark.com
www.luhringaugustine.com
www.simonleegallery.com