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Claude Cahun

1894-1954 Heroïne
La « Métamorfemme »

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Née en 1894 à Nantes, patrie du surréalisme : BRETON, VALHE, Lucy SCHWOB, issue d’un milieu intellectuel juif et aisé, fille de Maurice, nièce de Marcel Schwob, écrivain, aurait pu avoir une existence bourgeoise et rangée mais les deux guerres mondiales, sa judéité, son homosexualité et son esprit artiste libertaire n’ont pas fait de la sienne un long fleuve tranquille -La schizophrénie de sa mère et la naissance d’une passion amoureuse dès 1909 pour Suzanne MALHERBE, artiste plasticienne qui signera sous le nom de MOORE, faît rarissime, cette passion durera toute la vie de Lucy jusqu'à sa mort en 1954. Dès 1917, Claude CAHUN sera son pseudonyme sous lequel elle crée en tant que poétesse, écrivaine et photographe.

Collaboration à de nombreuses revues (Mercure de France) celles d’avant-garde (BIFUR) ou homosexuelles (INERSIONS)en 1925...
Participation aux manifestations DADA ou à la librairie d’ADRIENNE MONNIER et Sylvia BEACH, fréquente la sculpteur CHANA ORLOFF. Décide de porter les cheveux très courts, de les teindre en or et argent puis de les raser dans le Paris des années folles.
Ses premiers recueils « Vues et Visions », « Chanson sauvage » paraissent.

Installé à Paris avec Suzanne, elle se tourne vers le théâtre avec M. MORENO, Tourjansky et les PITOEFF; elle sera sporadiquement actrice mais réalisera plutôt des costumes de théâtre.

Son amitié avec Michel LEIRIS sera sans faille. Elle fréquente les cercles ésotériques (Georgette LE BLANC, Jane HEAP). En 1928, à la mort de son père Maurice, elle intensifie son travail poétique, politique, et photographique, co-signe avec Suzanne « AVEUX non AVENUS » en 1930, textes et photomontages. De ses Amitiés avec Paul NIZAN et de Robert DESNOS, elle rencontre en 1932, André BRETON, amitié passionnée, adhère aux écrivains artistes révolutionnaires et au surréalisme avec Tristan TZARA et René CREVEL. Participe aux expositions du groupe : Paris-Londres-Jersey.

En 1937, Claude Cahun et Suzanne achètent une propriété à JERSEY qui sera leur demeure jusqu'à la fin. « La Roquaise ». Activiste, elle adhère à la Fédération Internationale de l’Art Révolutionnaire avec BRETON et TROTSKY. De part sa judéité et sa différence, ses engagements politiques la tourne vers une résistance active dès l’invasion de Jersey par les nazis en 1940. Production active de tracts détournements et photomontages anti nazis avec Suzanne. En 1943, première arrestation. Tentative de suicide. Condamnées à mort en 1944 leur maison « La ferme sans nom » est pillée, beaucoup d’archives seront détruites. Heureusement sauvées par la capitulation du 8 mai 1945, elles passent beaucoup de temps à retrouver et restaurer leur œuvre éparpillée.

Dans les années 1940-45, elle entreprend des récits autobiographiques, « Confidences au miroir », « Le muet dans la mêlée » puis de nombreux autoportraits, images / mouvements. « Le chemin des chats ». Souhaitant retrouver ses amis artistes et surréalistes ; elle se rend à Paris en 1953 pour revoir BRETON, ERNST.

A l’âge de 60 ans en 1954, sa santé se dégrade rapidement. Elle décède d’une crise cardiaque à Jersey en 1954. Sur la pierre tombale, Suzanne fait graver une phrase de l’Apocalypse de St Jean : « Et je vis de nouveaux paradis et une nouvelle terre ».

De Claude Cahun, plasticienne, poétesse et photographe, on peut retenir 4 grandes périodes d’intense activité artistique .

1914-1920
: découverte de la photo et du texte.
1926-1932
: découverte de l’avant-garde de l’époque et d’elle même en tant que sujet et objet.
1936-1940
: perpétuation des publications et diversité des sujets : Natures mortes et autoportraits entre DADA et surréalisme, photomontages et propagande antinazis.
1947-1950 : retour à l’autoportrait symbolique et à la «nature morte vivante ».

De part son engagement, Claude Cahun, fut tout au long de sa vie, une pionnière féministe de l’avant-garde. Brouillant les cartes, subversion des genres masculin/féminin, elle se définit comme neutre et métamorphose l’identité, se mettant en scène sans cesse, changeant de visage et anticipant d’un demi-siècle le travail de Cindy SHERMAN ou LEIGH BOWERY.

Elle pratique la poétique de l’objet et le détournement de sa fonction première (pierre, plume, journal etc..). Elle pratiqua la poésie et la politique avec ferveur au nom de la liberté d’expression, la liberté des mœurs et des confessions.

Ses rencontres électives avec LEIRIS, BRETON, DESNOS, ELUARD, témoignent de sa fidélité avec ses amis artistes.

Elle magnifie, au second degré, le désir au féminin avec autodérision et le narcissisme qu’elle revendique comme valeur plastique. De part sa collaboration unique et intense toute sa vie avec Suzanne MALHERBE comme une longue histoire « d’amour fou » elle écrit en 1930 dans « Les Aveux mon Avenus » : « Portrait de l’un ou de l’autre » nos deux narcissismes s’y noyant, c’était l’impossible réalisé en un miroir magique.

Ainsi créa et vécu Claude CAHUN, narcisse plastique qui aujourd’hui pourrait s’appeler OVNI OUTSIDER.



PHOTOS

Claude Cahun, Autoportrait, 1929
Tirage gélatino-argentique
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
© Musée d’Art Moderne de la Ville de
Paris / Parisienne de Photographie



VIDEO

Claude Cahun
Jeu de Paume Paris



INFOS

Jeu de Paume
1, place de la Concorde
75008 Paris



www.jeudepaume.org