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CINEMA
Michel Ocelot

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Michel Ocelot, le merveilleux conteur d’histoires
pour enfants et adultes, livre quelques secrets…                             …


Delphine Dalquié : Qu’est-ce qui vous fascine ?
Michel Ocelot : La beauté, sous toutes ses formes.

DD : Vos films sont très souvent programmés lors des fêtes de Noël. Qu’est-ce que cette période de l’année évoque pour vous ?
MO : J’ai eu une très belle enfance et j’ai connu le nirvana avec les Noëls de mon enfance. Tout y était : l’amour familial, le sapin, la crèche, les choses qui scintillent, les choses qui sentent bon, le mystère, les cadeaux dans les beaux papiers, les bougies, les chocolats et les chants.

DD : Ou trouvez-vous vos sources d’inspiration a) visuelles b) littéraires ? Livres, souvenirs d’enfance, contes…?
MO : Je possède un grand nombre de livres d’images et je les regarde beaucoup. J’ai un lutrin dans mon séjour et un lutrin dans ma chambre, avec un livre d’images, qui change et dont je tourne les pages. Tout m’intéresse, mais surtout les choses très bien dessinées. L’inspiration de mes films vient soit de contes bruts traditionnels, soit de mes propres expériences et envies. Je n’adapte jamais une œuvre écrite, aboutie.

DD : Quel serait votre projet rêvé ? Je me souviens que vous aviez évoqué Aubrey Beardsley… Aimeriez-vous réaliser un film intégralement en noir et blanc ?).
MO : J’ai plusieurs projets rêvés et je les réalise petit à petit. Le prochain est de recommencer de jolis contes dans un théâtre d’ombres. Un autre est un opéra baroque en dessins noir et blanc, à la Aubrey Beardsley. Un autre est une histoire de sexe, soies et sang à la Cour des Valois, avec une débauche de couleurs, de richesses. Un autre, un film austère en dessins fixes, se déroulant au Moyen-âge. Un autre est de faire un long-métrage qui se déroule à Paris, ville que j’aime énormément. J’ai la chance désormais de pouvoir réaliser tous mes rêves d’auteur.

DD : Parlez-nous d’auteurs ou d’artistes que vous admirez.
MO : J’ai un peu de mal à répondre à cette question. J’aime une foule de choses, la liste est impossible à faire, mais je n’ai pas d’idoles et j’aime plutôt telle ou telle œuvre que tous les ouvrages d’un auteur donné. J’ai aussi des admirations que le grand public va avoir du mal à comprendre car il s’agit du domaine de l’animation en court-métrage qui est très ignoré. Quelques titres en vrac ? La correspondance de Voltaire, “le héron et la cigogne“ de Youri Norstein, “Crac“ de Frédéric Back, “Père et Fille“ de Michael Dudok de Witt (ces trois titres sont des courts métrages en dessin animé), la première partie de “La Grande Illusion“, la Tour Eiffel qui scintille, “Les Voisins“ de Buster Keaton, le jardin de Carl Milles à Stockholm, les miniatures persanes, les dessins libres de Moebius, les illustrations de Kay Nielsen (graphiste danois début du 20è siècle).

DD : Quelle est, pour vous, la plus belle forme d’expression artistique ?
MO : Le cinéma d’animation !! Ce moyen d’expression répond à toutes mes envies, envies de théâtre, de costumes, de voix, de musique, de danse, d’histoires, de sentiment, de voyages, de plaisirs.

DD : Vos films traitent souvent de voyages, de cultures étrangères et de lieux exotiques, aimez-vous voyager et vivre à l’étranger ?
MO : J’aime voyager, cela me semble nécessaire de se frotter aux autres et d’écarter ses œillères et d’être citoyen de la planète. Mais je dois dire que je suis satisfait de vivre à Paris et que je ne désire pas un autre lieu de résidence.

DD : “Kirikou et la sorcière” a été adapté en spectacle musical, racontez-nous ce qui vous a plu (ou pas) ou surpris dans ce passage de l’animation à la vie réelle.
MO : J’ai beaucoup apprécié de pouvoir montrer la beauté en vrai que j’avais essayé de célébrer en dessins. Je me suis très bien entendu avec la troupe. J’ai également eu une bonne surprise grâce à la magie du théâtre. Kirikou doit être petit et tout nu, sinon ce n’est pas Kirikou. Mais c’était parfaitement impossible d’avoir un enfant tout petit et tout nu qui joue tous les soirs au Casino de Paris. J’ai pensé à une marionnette manipulée par un ou des marionnettistes qui ne se cachent pas. Mais je n’étais pas sûr de moi, est-ce que le public peut accepter de vibrer pour quatre bouts de bois agités devant lui ? Oui, il a accepté, il a même été fasciné, et moi avec.

MO : Vous êtes “le papa de Kirikou”, avez-vous imaginé la vie de Kirikou adulte ?
MO : Non, l’histoire que je voulais raconter, c’est celle du petit enfant face à une belle femme qu’on appelle Sorcière. Je n’ai pas l’intention de donner une vraie suite mettant en scène le couple adulte.



Propos recueillis par Delphine Dalquié
REMERCIEMENTS

A Michel Ocelot, Michel Ocelot, Paul McKee & Björk, Nord-Ouest, Gebeka et Les Amateurs.

PHOTOS

Azur et Asmar
Princes et Princesses © 2000 Les Armateurs/Studio O/La Fabrique/Gebeka Films



VIDEO

Bjôrk music video Earth Intruders
Kirikou et les bêtes sauvages © 2005 Les Armateurs/ Gebeka Films / France 3 Cinéma / Studio O



INFOS

Le coffret Intégrale Kirikou et le DVD Les trésors cachés de Michel Ocelot sont disponibles en magasins.